Coupable de se sentir coupable

Remettre ou non ses enfants à l'école : un dilemme qui plonge de nombreux parents dans un tourbillon de culpabilité.
D'un côté, il y a l'envie de protéger ses enfants face au risque d'infection par la COVID-19. De l'autre, il y a les exigences professionnelles qui pèsent lourd. Quel que soit le choix, une sensation persistante semble inévitable : la culpabilité d'être un mauvais parent ou un professionnel insuffisant.
Mais pourquoi ressentons-nous cette culpabilité si intensément ? Et surtout, comment s'en libérer ?
Coupable de se sentir coupable : un cercle vicieux
Depuis quelques jours, cette question vous obsède : Dois-je remettre mes enfants à l'école ?
Vous vous dites que ce serait plus simple. Vous pourriez enfin vous concentrer sur votre travail, avancer sur vos projets laissés en suspens. Mais aussitôt, une autre pensée surgit : « Quel parent égoïste je fais de penser ainsi ! »
Et voilà la culpabilité qui s'invite…
- Coupable de ne pas être assez présent pour vos enfants.
- Coupable de ne pas avancer sur vos responsabilités professionnelles.
- Coupable de ressentir cette culpabilité en boucle.
Si ces sentiments vous parlent, sachez que vous n'êtes pas seul. Beaucoup de parents ressentent ce tiraillement permanent entre leur rôle familial et leurs obligations professionnelles. Mais alors, comment fonctionne ce mécanisme et pourquoi est-il si difficile de s'en détacher ?
Le processus de la culpabilité : comment il s'installe en vous
La culpabilité naît d'un enchaînement bien rodé :
- Une situation désagréable : Vous ne parvenez pas à concilier vie professionnelle et parentalité.
- Une responsabilisation excessive : Vous vous attribuez l'entière responsabilité de ce déséquilibre.
- Un jugement interne sévère : Vous vous critiquez durement (« Je ne suis pas un bon parent » ou « Je suis un professionnel incompétent »).
Prenons un exemple concret :
« Je n'arrive pas à avancer comme je le souhaiterais dans mon travail. Si seulement mes enfants retournaient à l'école… Mais penser cela, c'est égoïste. Je suis vraiment un parent indigne. »
Ce dialogue interne alimente la culpabilité et vous enferme dans un conflit intérieur douloureux. Vous vous sentez tiraillé entre deux identités :
- Le parent dévoué qui veut protéger et accompagner ses enfants.
- Le professionnel engagé qui veut réussir et avancer dans ses projets.
En refusant de choisir l'un au détriment de l'autre, vous vous divisez et vous vous jugez sans relâche.
Se libérer de la culpabilité : faire la paix avec soi-même
La première étape pour sortir de ce cercle vicieux est d'accepter votre culpabilité au lieu de la combattre. Oui, il est naturel et légitime de se sentir partagé face à une situation aussi complexe.
1. Écouter le message de la culpabilité
Plutôt que de rejeter ce sentiment, posez-vous cette question essentielle :
Que veut m'apprendre cette culpabilité ?
La culpabilité est souvent un signal d'alarme. Elle révèle un désaccord intérieur ou une valeur essentielle bafouée. Peut-être qu'au fond, ce que vous recherchez, c'est un équilibre plus juste entre vos différents rôles.
2. Rendre à chacun sa part de responsabilité
Demandez-vous : Suis-je vraiment responsable de tout ?
Non, vous ne pouvez pas tout contrôler. La situation sanitaire, les choix éducatifs, les contraintes professionnelles… certaines choses vous échappent et ce n'est pas de votre faute.
Prenez vos responsabilités là où vous avez du pouvoir, mais acceptez que vous ne pouvez pas tout maîtriser. Cette acceptation est la clé pour retrouver une sérénité intérieure.
3. Se pardonner et s'accorder de la bienveillance
Soyez indulgent envers vous-même. Vous faites de votre mieux dans un contexte inédit et difficile. Et si vous remplaciez l'autocritique par de la compassion ?
« J'ai le droit d'être fatigué. J'ai le droit de vouloir du temps pour moi. Je suis un parent imparfait, mais aimant. »
En vous offrant cette bienveillance, vous désamorcez la culpabilité et vous avancez vers un alignement personnel plus profond.
Acceptez, libérez-vous et avancez
La culpabilité parentale face à la scolarisation en période de crise sanitaire est humaine.
En reconnaissant ce sentiment et en lui donnant un espace d'expression, vous ouvrez la voie à un mieux-être durable. Vous n'êtes ni un parent parfait ni un professionnel infaillible—et c'est très bien ainsi.
Rappelez-vous : Vous faites de votre mieux, et c'est déjà beaucoup.
Séverine, avec bienveillance